La zone SEPA poursuit son intégration, avec de nouvelles règlementations, de nouvelles exigences et échéances, de nouveaux acteurs et de nouveaux produits et services communs.

Cependant, malgré les nombreuses avancées, innovations et investissements réalisés depuis le lancement de l’euro, en 2002, et depuis la DSP1, en 2007, l’intégration des marchés dans la zone SEPA reste à finaliser pour produire ses fruits. L’Europe des paiements demeure une coexistence ouverte de marchés nationaux, mais sans intégration réelle, malgré l’harmonisation des règlementations et de nouveaux instruments de paiement communs tel l’Instant Payment.

La DSP2, avec l’agrément de nouveaux acteurs et de nouvelles règles du jeu, notamment en termes d’accès aux données clients dans les banques et en termes d’authentification, vise à y répondre et à « soutenir le développement des services de paiement en les encadrant légalement ».

Une nouvelle révolution s’annonce ! Parallèle à l’évolution technologique 2.0 lié au digital et l’annonce de la révolution 3.0 des blockchains.

Ainsi, dès janvier 2018, un nouvel environnement de services de paiement, où cohabiteront les banques, les services d’information sur les comptes (AIS) et les services d’initiation de paiement (PIS), a été instauré.

Cependant, pour parfaire le SEPA, en tant qu’espace unique de paiement, trois attentes restent à satisfaire dans leur intégralité :

  • L’interopérabilité, qui nécessite des frontières ouvertes et une capacité technique simplifiée pour chacun d’accéder aux marchés des autres ; condition d’une « Europe sans couture » ;
  • La réduction, à défaut de la suppression, des spécificités nationales (instruments de paiements à acceptation nationale) ;
  • Le retour sur investissement, résultant de la simplification du traitement des opérations et d’une consolidation industrielle dans les paiements.

La carte, quant à elle, est le « parent pauvre » de cette intégration, par l’absence d’un scheme européen, à la différence des autres instruments de paiement communs.

Dans le même temps, le déploiement de l’Instant Payment, est l’autre grand chantier de cette année 2018, à côté de la mise en œuvre de la DSP2. Cette évolution majeure suppose des évolutions importantes à la fois des architectures de traitement des flux, vers le temps réel, des mécanismes de sécurité et de lutte contre la fraude. Ces derniers doivent s’adapter à ce nouveau rythme de traitement des transactions. De nouveaux modèles économiques des paiements devront se développer pour permettre le financement de ces évolutions, chez tous les acteurs concernés.

Enfin, l’innovation dans les paiements sera la clé qui permettra aux acteurs historiques, dont les banques, et aux nouveaux entrants de rebattre les cartes. Cette digitalisation a conduit à l’émergence puissante des sociétés de la sphère numérique dans les paiements, y compris au-delà des paiements à distance, et en premier lieu, les GAFA, mais aussi des Fintechs, et d’une mobilisation dans la sphère bancaire.

La Place de Paris doit jouer un rôle majeur dans ces évolutions. Elle en a les atouts et va bénéficier de l’installation de l’EBA à Paris. Elle doit en profiter pour montrer son excellence et sa puissance, pour s’adapter encore plus et s’ouvrir à l’espace SEPA, et pour adopter les innovations du 2.0.

La 5ème édition des « Rencontres du Club SEPA » s’inscrit dans la lignée de ces grands défis. Les « Rencontres du Club SEPA » mettront en avant les progrès déjà réalisés et les travaux à entreprendre pour une Europe des paiements sans couture, pour le SEPA 2.0 et pour la promotion de la Place de Paris.